Daimler Dart SP250, roadster anglais à V8 et carrosserie en fibre de verre, vue de trois quarts

Daimler Dart SP250 : le roadster V8 au nom volé

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Rédigé par Julien

13 juillet 2026

Le Daimler Dart SP250 est un roadster sportif anglais produit de 1959 à 1964 par Daimler, à Coventry. Il combine une carrosserie en fibre de verre, des freins à disque aux quatre roues et un V8 2,5 litres de 140 chevaux signé Edward Turner. Rebaptisé SP250 après un conflit de marque avec Chrysler, il n’a été produit qu’à 2 654 exemplaires.

🏎️ L’essentiel à retenir

Derrière une ligne qui divise, le SP250 cache une vraie sportive. Les points clés :

  • Le nom volé : lancé en Dart, renommé SP250 sous la pression de Chrysler.
  • Le cœur : un V8 2,5 L hémi de 140 ch, dû à Edward Turner.
  • La carrosserie : fibre de verre, qui ne rouille pas, sur châssis dérivé du Triumph TR3.
  • La rareté : 2 654 exemplaires seulement en cinq ans.

Daimler Dart SP250 : l’histoire d’un nom changé en urgence

La carrière du roadster commence par une mésaventure. Daimler le présente sous le nom de Daimler Dart en avril 1959, au salon de l’automobile de New York. Problème : Chrysler, dont la division Dodge détient la marque Dart, menace aussitôt le constructeur britannique de poursuites judiciaires.

Pris de court, Daimler n’a pas le temps de trouver un nom commercial séduisant. La marque se rabat sur le numéro de projet interne, SP250, qui devient officiellement l’appellation du modèle. Le nom Dart, lui, ne disparaît jamais vraiment du langage des passionnés, qui continuent de l’employer aujourd’hui.

Cette voiture porte une charge symbolique. Le SP250 est le dernier modèle lancé par Daimler en tant que constructeur indépendant : en 1960, la maison mère BSA cède Daimler à Jaguar. Le roadster traverse donc un moment charnière de l’histoire industrielle britannique, ce qui ajoute à son intérêt patrimonial pour les collectionneurs avertis.

Un V8 signé Edward Turner

La vraie personnalité du SP250 se cache sous le capot. Son moteur est un V8 de 2,5 litres à culasse hémisphérique, conçu par Edward Turner, l’ingénieur célèbre pour les moteurs de moto Triumph. Ce bloc compact délivre 140 chevaux à 5800 tr/min, une valeur élevée pour la cylindrée à l’époque.

Les performances suivent. Le roadster dépasse les 190 km/h en pointe et abat le 0 à 100 km/h en environ 8,5 secondes, des chiffres de vraie sportive pour la fin des années 1950. Le freinage est à l’avenant : Daimler équipe le SP250 de freins à disque Girling sur les quatre roues, une technologie alors rare et gage de sécurité.

Le reste de la conception mêle astuce et économie. Le châssis s’inspire de celui du Triumph TR3, la carrosserie est moulée en fibre de verre plutôt qu’en acier, et une boîte manuelle est proposée en option, là où Daimler privilégiait traditionnellement ses boîtes pré-sélectives. Présenté comme un 2+2, le roadster n’offre en réalité qu’une banquette arrière symbolique. La fibre de verre, elle, présente un avantage que les collectionneurs apprécient encore : elle ne rouille pas.

Une production confidentielle sous l’ère Jaguar

Daimler voyait grand pour son roadster. Les prévisions initiales tablaient sur 1 500 exemplaires la première année, puis 3 000 par an les deux suivantes. La réalité a été tout autre : seulement 2 654 SP250 sont sortis des chaînes entre 1959 et 1964, un total très inférieur aux espoirs.

Plusieurs raisons expliquent cet échec commercial relatif. Le style, jugé controversé dès sa présentation, n’a pas fait l’unanimité. Le rachat par Jaguar en 1960 a aussi rebattu les cartes, le nouveau propriétaire ayant ses propres sportives à promouvoir. Le SP250 a donc vécu dans l’ombre, sans bénéficier d’un développement ambitieux.

Cette faible diffusion fait aujourd’hui sa rareté, et une partie de son charme. Restaurer un exemplaire demande de connaître ses spécificités, notamment la fibre de verre et le V8 Turner, un terrain où l’expertise d’un garage spécialisé en voiture de collection fait la différence.

Le SP250 en collection aujourd’hui

Le Daimler SP250 occupe une place à part chez les amateurs de roadsters anglais. Sa cote reste plus abordable que celle des grandes sportives britanniques de la même période, ce qui en fait une porte d’entrée vers le V8 anglais à un budget contenu. Les puristes apprécient son moteur attachant et son histoire singulière.

Côté entretien, la carrosserie en fibre élimine le souci de corrosion qui hante tant d’anciennes, mais impose ses propres techniques de réparation. La mécanique, robuste, exige un suivi rigoureux du V8 et des freins. Pour rouler en règle, l’âge du véhicule ouvre droit à la carte grise de collection, dont les démarches recoupent celles d’une restauration sans contrôle technique. Amateur de mécaniques anglaises atypiques, vous croiserez le même esprit d’ingéniosité chez d’autres outsiders britanniques, à l’image des prototypes Spice du Groupe C.

FAQ

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Passionné par la mécanique depuis toujours, je travaille comme garagiste depuis plus de 15 ans. J'aime résoudre les problèmes techniques et aider les clients à garder leur véhicule en parfait état.

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