La Simca Ariane est une grande berline française produite de 1957 à 1963 à l’usine de Poissy, à 166 363 exemplaires. Son astuce : marier la vaste carrosserie de la Vedette au petit moteur économique de l’Aronde. Résultat, une six places spacieuse mais sobre, taxée 7 CV au lieu de 13. Une grande voiture au budget d’une moyenne.
🚙 L’essentiel à retenir
L’Ariane est le fruit d’un calcul malin plus que d’une feuille blanche. Les points clés :
- Un cocktail : carrosserie de Vedette, moteur Flash d’Aronde.
- Le contexte : la crise de Suez de 1956 pousse vers l’économie.
- L’atout fiscal : 7 CV et 9 litres aux 100, pour six places.
- Un succès : 166 363 exemplaires sortis de Poissy.
Simca Ariane : une berline née d’un bon calcul
L’idée de l’Ariane naît d’un problème commercial. En 1956, Simca commercialise les grandes Vedette à moteur V8, héritées de Ford. La crise de Suez d’octobre 1956 change la donne : pénuries de carburant et hausses de prix minent l’attrait des grosses cylindrées gourmandes. Les acheteurs veulent de l’espace, mais plus la facture d’un V8.
La réponse de Simca est pragmatique. Plutôt que de concevoir une voiture neuve, le constructeur monte le petit moteur Flash 1290 cm³ de l’Aronde dans la carrosserie de la Vedette. L’Ariane est lancée en avril 1957. Le pari : offrir le volume d’une grande berline avec la sobriété et la fiscalité d’une cylindrée moyenne.
Le calcul s’avère juste. L’Ariane séduit les familles et les professionnels qui cherchent de la place sans se ruiner en carburant ni en vignette. Ce genre de recoupement entre deux modèles existants, raconté avec humour par le média News d’Anciennes comme un bricolage bienvenu, illustre l’ingéniosité industrielle de Simca à la fin des années 1950.
Une grande routière taillée pour l’économie
Sur la route, l’Ariane joue la carte de l’espace utile. Avec ses 4,52 m de long, elle accueille six personnes sur ses banquettes et offre un coffre de grand volume. C’est une vraie voiture familiale, pensée pour avaler les kilomètres et transporter sans compter.
Le moteur Flash, un quatre cylindres en ligne de 1290 cm³, développe selon les versions de 48 à 64 chevaux, associé à une boîte manuelle à quatre rapports. Les performances restent modestes, mais l’objectif n’était pas la vitesse : c’était le coût d’usage. Avec environ 9 litres aux 100 km, l’Ariane se montrait remarquablement sobre pour son gabarit.
L’argument fiscal achevait de convaincre. Classée 7 CV, contre 13 pour la Vedette à V8, l’Ariane divisait quasiment par deux la puissance fiscale, et donc le coût de la vignette et de l’assurance de l’époque. Cette grande voiture aux frais d’une moyenne reste, aujourd’hui encore, un argument pour le collectionneur qui veut rouler sans se ruiner.
Les versions de l’Ariane
La gamme s’est étoffée au fil des années pour couvrir plusieurs budgets et usages.
| Version | Période | Particularité |
|---|---|---|
| Ariane 4 | dès 1957 | Version de base, moteur Flash 48 ch |
| Ariane 8 | 1958-1961 | Équipée du V8 Aquilon |
| Ariane SL | gamme | Finition Super Luxe, équipements soignés |
| Miramas | fin de carrière | Moteur Super Rush de 62 ch |
L’Ariane 8 mérite une mention : en y greffant le V8 Aquilon, Simca proposait une variante plus performante, à rebours de la logique d’origine. Lors de ses deux dernières années, l’Ariane a pris le nom de Simca Miramas. Cette diversité permet au collectionneur de choisir entre la sobriété de l’Ariane 4 et le caractère des versions mieux motorisées.
La Simca Ariane en collection
L’Ariane occupe une niche sympathique dans la collection française. Son volume de production, 166 363 exemplaires, en fait une ancienne accessible, dont la cote reste contenue, portée surtout par l’état général et la rareté de certaines finitions. C’est une candidate idéale pour qui veut une grande berline d’époque sans viser une voiture rare et chère.
La mécanique d’Aronde joue en sa faveur : simple, robuste, bien documentée, elle se répare sans difficulté majeure et partage des pièces avec d’autres Simca de grande série, comme le coupé Simca Grand Large. Le point de vigilance reste la corrosion de la grande carrosserie et la disponibilité de certaines pièces spécifiques. Côté administratif, l’âge ouvre droit à la carte grise de collection, dont les étapes rejoignent celles d’une restauration sans contrôle technique. Pour la restauration de la caisse, un garage spécialisé en voiture de collection reste le meilleur interlocuteur.