La Simca Grand Large est un coupé deux portes sans montant central dérivé de l’Aronde, produit de 1954 à 1959 à près de 80 000 exemplaires. Inspirée des coupés américains, elle se distingue par ses vitres latérales sans encadrement, qui lui donnent l’allure d’un cabriolet à toit rigide. Une élégance populaire, devenue objet de collection.
🚗 L’essentiel à retenir
Derrière son allure de star américaine, la Grand Large reste une Simca accessible. Les points clés :
- Une base Aronde : mécanique simple et partagée avec la berline de grande série.
- Le style sans montant : vitres latérales escamotables, look de coupé-cabriolet.
- Le moteur Flash : un quatre cylindres 1290 cm³ de 48 ch sur les versions hautes.
- Une collection abordable : 80 000 exemplaires produits, donc une cote raisonnable.
Simca Grand Large : la naissance d’un coupé populaire
L’histoire commence au Salon de l’automobile de Paris, en 1952. Simca y présente deux prototypes dérivés de l’Aronde, un cabriolet et un coupé. L’accueil du public est si chaleureux qu’Henri Théodore Pigozzi, le patron de la marque, décide d’industrialiser la version coupé. La Grand Large entre au catalogue avec les modèles 1954.
Le nom évoque le voyage et le grand air, dans l’esprit des coupés américains qui fascinent la France de l’après-guerre. Simca surfe sur cette mode du rêve transatlantique, mais à un tarif accessible, en s’appuyant sur la mécanique éprouvée de l’Aronde. La recette séduit : la Grand Large devient le coupé chic des classes moyennes.
Sa carrière s’étire jusqu’en 1959, où elle est reconduite une dernière année modèle avec l’arrivée de l’Aronde P60. Les historiens de la marque, relayés par l’encyclopédie automobile en ligne autoencyclopedie.com, estiment la production totale à près de 80 000 unités. Un beau succès pour un coupé de cette époque.
Une carrosserie sans montant central
La signature visuelle de la Grand Large, c’est l’absence de montant central. Une fois les deux vitres latérales descendues, le flanc s’ouvre entièrement, sans pied milieu : la voiture prend des airs de cabriolet alors qu’elle conserve un toit rigide. Ce dessin, directement importé des hardtops américains, était rare et spectaculaire sur une française populaire.
Cette élégance a un revers technique. Supprimer le montant central fragilise la rigidité de la caisse autoporteuse. Simca a dû renforcer la structure au niveau des longerons et de plusieurs points stratégiques pour compenser. Ces renforts sont aujourd’hui un point de vigilance pour les collectionneurs : c’est là que la corrosion s’installe, et leur réparation demande un vrai savoir-faire de carrossier, comme dans tout garage spécialisé en voiture de collection.
Moteur, performances et conduite
Sous le capot, la Grand Large reçoit la mécanique de l’Aronde. La version d’entrée hérite du bloc 1200 cm³ d’environ 42 chevaux issu de la Simca 8. Les finitions supérieures bénéficient du moteur Flash, un quatre cylindres en ligne de 1290 cm³ développant 48 chevaux à 4800 tr/min, adopté au Salon de Paris d’octobre 1955.
Les chiffres paraissent modestes aujourd’hui, mais ils étaient dans la bonne moyenne des années 1950. Avec environ 930 kg sur la balance, la Grand Large atteignait près de 135 km/h en pointe, une performance honorable pour un coupé familial de l’époque. Sa conduite, souple et sans piège, reflète son tempérament de voiture populaire élégante plutôt que de sportive.
Côté gabarit, la voiture mesure environ 4,11 m de long pour 1,56 m de large, des dimensions compactes qui la rendent facile à manier en usage moderne. Cette mécanique partagée avec une berline produite en masse reste son atout maître : les pièces moteur se trouvent encore, et l’entretien n’exige pas de compétences hors normes.
De la Grand Large aux coupés Facel
La Grand Large n’a pas vécu seule. En octobre 1957, Simca enrichit la gamme Aronde de deux nouveaux modèles dont les carrosseries sont signées Facel : l’Océane, un cabriolet deux places, et le Plein Ciel, un coupé deux places. Leur dessin, aux lignes plus tendues et au pare-brise panoramique, s’inspire ouvertement de la Facel Vega.
Ces deux carrosseries plus chics et plus rares finissent par remplacer la Grand Large, dont la carrière s’achève en 1959. Comprendre cette filiation aide à situer la Grand Large : elle est le coupé populaire qui a ouvert la voie, avant que Facel ne hisse les coupés Simca vers un positionnement plus haut de gamme. Pour le collectionneur, la Grand Large reste la plus accessible des trois, là où une Plein Ciel ou une Océane, produites en bien plus petits volumes, se négocient nettement plus cher.
La Simca Grand Large en collection aujourd’hui
La Grand Large occupe une place attachante dans la collection française. Ni rare au point d’être inabordable, ni banale, elle attire les amateurs de lignes des années 1950 sans la facture d’un coupé italien. Sa cote reste raisonnable, portée surtout par l’état de la carrosserie et la qualité de la restauration.
Avant d’acheter, le poste à scruter est la corrosion, en particulier autour des renforts de caisse imposés par l’absence de montant. La mécanique d’Aronde, elle, se répare sans difficulté majeure. Côté papiers, l’âge du véhicule ouvre droit à une carte grise de collection, dont les démarches rejoignent celles décrites pour une restauration sans contrôle technique. Pour un premier achat d’ancienne, mieux vaut viser un exemplaire sain et suivi qu’un projet bon marché à restaurer entièrement, un arbitrage qui vaut aussi quand on juge le sérieux d’un vendeur.